(Crédit photo : Mélanie Labrecque)

ÉCONOMIE. Pour bien des entrepreneurs, la crise de la COVID-19 a été une occasion de repenser leurs activités et de recentrer leur mission. C’est le cas d’un jeune entrepreneur de Saint-Agapit, Michaël Bernier, qui a dû à la fois réorienter les activités de sa compagnie et en créer une nouvelle pour répondre aux besoins de la première.

Il y a quatre ans, M. Bernier faisait le grand plongeon et se lançait en affaires pour la première fois de sa vie. Il s’est associé au propriétaire de Jeux gonflables de la Capitale et il est devenu propriétaire de la division Rive-Sud de l’entreprise. Depuis, tout allait bien et son entreprise grandissait. La location de structures géantes pour les festivals était en croissance et puis tout à coup, la crise de la COVID-19 a complètement bouleversé son plan d’affaires.

«D’un coup, on a perdu tous nos contrats commerciaux. Pour l’année 2020, je doublais mes contrats commerciaux par rapport à 2019. Finalement, l’année dernière, c’est la moitié de mon chiffre d’affaires qui a été perdu.»

Devant cette situation, et pour assurer la poursuite de leurs activités, l’entrepreneur et son associé ont décidé de faire un virage à 180 degrés. Ils ont laissé tomber le secteur commercial et se sont concentrés sur la location de jeux aux particuliers.

«Si on voulait survivre, c’est ce qu’il fallait faire. Pendant la pandémie, les familles cherchaient quelque chose à faire à la maison et ont découvert que c’était une solution pour amuser les enfants. Cela ne nous a pas permis de rattraper l’ensemble de nos pertes, mais ça a fonctionné. Cette année, si cette stratégie marche aussi bien, ma compagnie devrait s’en sortir», a-t-il analysé.

Se lancer dans le vide

Ce n’était pas tout de se lancer dans la location de jeux résidentiels, encore fallait-il avoir des produits de qualité à offrir, ce qui n’est pas évident à trouver. C’est ainsi qu’est né la seconde entreprise de M. Bernier, Jeux et Structures Gonflables Canada.

«Notre compagnie de vente approvisionne la compagnie de location, mais elle vend aussi partout. […] Ce qui nous a menés à cette entreprise, c’est la problématique d’approvisionnement ainsi que celle de jeux de mauvaise qualité et qui ne sont pas esthétiquement beaux. On s’est dit que ça ne faisait pas de sens.»

Le défi était de taille, les fabricants sont tous localisés en Chine et se spécialisent dans la fabrication de jeux commerciaux. Le résidentiel intéresse une infime fraction d’entre eux.

De plus, le processus pour trouver un fabricant qui offre des produits durables et de qualité est extrêmement long et peut s’avérer coûteux. Avant même d’avoir en main le jeu qu’il a commandé, M. Bernier doit avoir payé la totalité de la facture. 

«Tu fais face à l’inconnu et tu es obligé de faire confiance. […] Par hasard, en achetant un jeu sur Aliexpress, je suis entré en contact avec un fournisseur et le lien s’est créé. C’est quelqu’un en qui j’ai confiance.» Ce processus d’essais et d’erreurs avait pris trois ans. Ne souhaitant pas refaire le même chemin de croix, il a convaincu son fournisseur actuel de lui présenter des prototypes.

«Au début, il ne voulait pas. Nous leur avons envoyé des jeux qu’on pouvait acheter au Québec pour montrer que ça existe, que d’autres usines chinoises en font. Ils ont dit qu’ils allaient essayer. Ils nous ont envoyé deux échantillons qui étaient trop gros. Ils ont retravaillé le tout et maintenant, notre production est prête.»

L’objectif, à moyen et long terme, explique M. Bernier, est de ne pas vendre seulement au Québec, mais aussi au Canada et aux États-Unis. Le tout sera possible lorsque l’entreprise aura cumulé un inventaire suffisamment important pour se lancer à la conquête de ces marchés.

COVID-19

Les jeux gonflables sont utilisés par des enfants qui sautent et grimpent partout, qui portent la main à la bouche et touche aux surfaces. Dans un contexte où la propagation de la COVID-19 est un enjeu majeur, M. Bernier explique avoir pris des mesures pour assurer la sécurité de ses clients. «Nous sommes allés plus loin que les recommandations.»

D’abord, un seul client à la fois est autorisé à entrer dans l’entrepôt. Du désinfectant l’attend sur une table où il peut signer le contrat de location. Il prend lui-même le jeu et l’amène à son véhicule. Lors du retour, le jeu est nettoyé et mis en quarantaine pendant une semaine.

 

 

 

 

 

 

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